Ghislaine VALADOU

Artiste plasticienne

Collage et Peinture numérique

... et c'est peut-être dans ce rien ...

"... et c'est peut-être dans ce rien que tout se passe "

Centre culturel Max Juclier, Villeneuve-la-Garenne, 2012

Les œuvres récentes de Ghislaine Valadou, continuent de nous planter devant des portes interdites, dont elle nous donne cependant les clés. Dès passé le seuil, nous nous sentons quelque peu inquiété par ce que nous sommes censés regarder. Le moindre geste, la moindre attitude de ces personnages, dirait-on surpris comme en flagrantdélit dans quelconque encoignure de porte ou tournant de couloir, déclenchent un parfum de mystère, un soupçon d’interdit. Il y a du théâtre dans ces scènes prises comme à l’improviste au flash artistique de perversité. Ce sont des corridors sournois qui se déclinent en trompe-regard et en jeux de miroirs. Le dehors se convoque dedans et inversement comme nous habitons nos murs et nos fenêtres afin de nous rêver au monde et dans nos chambres.

L’oiseau, la commode, le nuage et l’air congressent pour élire le réel d’un coup, faire œuvre de beauté de vivre sans œillères.

Ghislaine Valadou est une magicienne qui siffle les images que nous engrangeons honteusement en nous, dans nos greniers secrets, et qui accourent en plein jour pour se fixer, exploser, s’exposer, dévoiler les intrigues dont nous sommes faits.

Ses paysages prennent l’air et la chanson, du temps où ils s’exposent et se mirent dans les miroirs de la peinture et de la médisance de l’art qui les pensent et figent leur culot de se montrer plus véridiques que le vrai.

La qualité de l’exécution, le savant mélange des techniques employées sont remarquables. On voyage dans ce climat onirique, intrigué par les changements de perspectives et d’angles de vue, sans pour autant quitter le lieu et ses fantômes. Tout cela se décline avec maestria dans une ambiance douce de crimes cachés par un éros blotti derrière chaque porte, et où chaque entrevue cache son dénouement.

Aussi devant ces œuvres, on reste médusés, dénoncés par ces pièces à conviction que cette artiste fournit à l’enquête que nous menons sur nous, suspectés que nous sommes de rêver nos vies. 

Gilbert Bourson

Voir toutes les photo-peintures des séries :

- Métamorphoses

- Les hommes du couloir

- Chambre paysage